On est le 16 novembre et je me décide à t'écrire, ça va faire 16 ans, on va dire que j'ai grandi, et j'ai tellement de chose à te dire, mais je ne sais pas si c'est le pire ou le meilleur que j'aimerai te faire parvenir. Au fait c'est ton fils, tu sais : Kévin que t'a laissé au Etats-Unis il y a 14 ans quand tu es parti. Je me demande où tu es et ce que tu es devenu, je t'ai attendu si longtemps mais tu n'es jamais revenu. Pourquoi ? Déjà ça je ne sais pas... Parfois il y a des questions auxquelles on ne répond pas. Papa, pourquoi se surnom sonne faux ? Comment te dire ce que j'ai sur le coeur ? Pourquoi tu n'étais pas là et pourquoi le téléphone sonne peu ? Tu te souviens de moi ? Petit métisse à la peau d'or, tu sais maintenant je suis blanc car en France le soleil dort. Parce que j'ai mal c'est vrai, va pas croire que j'ai été mal sevré au contraire, mais je crois qu'il n'y à pas de secret. Si seulement t'étais là papa, si seulement je ne t'en voulais pas papa, je serai comment si t'étais là papa ? Je sais pas, il y a des questions auxquelles on ne répond pas. T'étais où pour mes dents de lait ? Sur cette grande lettre, il y a des "t'étais où ?" car t'étais loin papa T'as pas vu grandir ton fils, t'as pas sur lui dire je t'aime et quand t'es parti, t'as pas voulu que l'on te retienne. Alors moi je fais comme si tu n'existais pas, car tu fais partie de ces gens qui souvent n'insistent pas. Il y a toujours un vide dans nos vies, toi t'es un bide dans la mienne et dans mes lignes, t'es loin d'être un mythe. avais besoin de ton soutien et je t'ai appelé, tu t'en souviens ? non. Moi oui, car t'as jamais rappelé. Quand il n'y a pas de père, il manque quelqu'un et y'a pas de paix parce que tu n'y comprend rien et que tu dois faire avec trois petits points. J'étais toi, j'étais elle et j'étais moi, et à moi seul j'étais nous trois. T'as fait de moi un fils sans père, aigri d'avoir vécu dans un couple en guerre. Dieu merci mon frère m'a élevé et même si j'étais dure, ben il m'a aidé. J'ai manqué de ton amour, ça ma valu de me tromper ailleurs... J'étais violent avant, j'avais dans le ventre de la rencoeur à vendre, j'étais jamais dans les rangs, j'étais félin et solitaire en cachette, solide et masculin de la tête au baskettes, vu que la famille ne tenais qu'à un coup de fil, j'ai compris, j'ai pas tout dit mais j'ai repris ma routine, Je me suis demander à quoi bon vivre, à quoi bon rester, j'ai jamais chercher dans les livres un peu de paix, un peu de respect. J'ai attendu des heures près du téléphone, je croyais mon père mort mais on l'a vu sur le globe, alors pas si facile d'être le fruit d'un fugitif, finirais-je moi aussi par fuir ?